Sous la maison Pfister, toute proche, les
enfants sont attirés par les bulles de savon qui remontent par paquets
le long des façades de la rue Schongauer. Chez Agathe'Chou, le
spectacle est déjà dans la rue : guidés par une batterie
d'éoliennes multicolores, ils plongent le nez dans la vitrine où
paradent un monocycle et un taxi jaune, où se dandine un sac à main en
forme d'arrosoir, où chahutent des massues et des balles à jongler.
Des
jouets originaux et de qualité, de la déco rigolotte et inspirée, des
jeux de société dont on n'a pas idée : depuis trois ans, Véronique
et Jean-Philippe Noguer sont devenus les petits lutins du quartier de
la collégiale.
Un château pour lequel Ivanhoé déménagerait sans hésiter
Cette ancienne directrice d'école originaire de La Rochelle et son mari, un
Strasbourgeois pur sucre, peuplent leur quotidien de yoyos, de toupies
et de pompes à vélos multicolores. Ils grillent leur pain dans des
toasters à fleurs et fixent des sonnettes bariolées sur leurs vélos.
Ici, les sucriers sont montés sur culbutos : chouette, si les
objets sont souvent loufoques, ils n'en sont pas moins utiles, toujours
solides, gais et plein de fantaisie.
Sous une forêt de
luminaires accrochés à l'envers au plafond de leur magasin, Véronique
et Jean-Philippe règnent sur un univers où l'imagination reste au
pouvoir. Les jeux de société ne dorment pas longtemps sur leurs
étagères : au fond du magasin, on peut même les essayer et y
goûter autour d'une table. Pour les plus jeunes,
" Babylone ", dans sa jolie boîte en métal (15 €) se
joue en quelques minutes avec de superbes tablettes en pierre et
" Dao " (22 €) cache ses trésors dans un tube en bambou.
Si d'autres ont des noms à faire rêver et s'adressent aux adultes
- " Mystère à l'abbaye ", " Colosseum " ou
" Les piliers de la terre " (de 45 à 50 €) -
certains se pratiquent résolument en famille, comme l'irrésistible jeu
de l'oeuf (15 €), indiscutable et mérité best seller sur le marché.
Réalisés
dans des matériaux nobles (le bois, souvent), les jouets de Agathe'Chou
doivent " tenir la route, être beaux et durer ", insistent
Véronique et Jean-Philippe, eux-mêmes sous le charme de leurs produits.
Comment en effet résister à ce superbe lit de poupée (60 €) en
aulne ou à ce château fort en hêtre (139 €) pour lequel Ivanhoé
déménagerait sans hésiter ?
Les plus petits, eux, ne
voudront plus descendre d'un invraisemblable porteur bardé de mousse
coccinelle et les grands ne lâcheront plus les cerfs-volants qui
couvrent de leurs ailes l'arrière du magasin. Outre un rigolo engin de
poche (5 €) de 30 cm d'envergure, on peut se laisser griser
par des appareils qui iront sans problème chatouiller les nuages (de 70
à 350 €). Le rêve au bout de la ficelle...